Groupe Michelet

Depuis 2014, trois types d’activités distincts sont consacrés à l’œuvre de l’historien Jules Michelet (1798-1874) : le séminaire « Michelet hors frontières » ;  la « Fabrique de la Révolution », programme de transcription numérique des papiers préparatoires de l’Histoire de la Révolution française ; et la réédition de l’Histoire de la Révolution française.

1 . Le séminaire « Michelet hors frontières »

Animé dans une perspective résolument interdisciplinaire par Aurélien Aramini (université de Besançon), Paule Petitier (CERILAC), Yann Potin (Archives nationales) et Sylvain Venayre (université de Grenoble Alpes), le séminaire se tient environ tous les deux mois entre septembre et juin. Il est un lieu de réflexion et de débat sur l’actualité de Michelet ainsi que d’approfondissement de sa connaissance par le biais d’éclairages sur l’historiographie, la philosophie politique et les sciences humaines au xixe siècle.

Contacts : paule.petitier@univ-paris-diderot.fr ; Sylvain.Venayre@upmf-grenoble.fr

2 . La « Fabrique de la Révolution » : programme de transcription numérique des papiers préparatoires de l’Histoire de la Révolution française

Les six volumes de notes conservés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris sous le nom d’« Histoire de la Révolution française » correspondent à un ensemble complexe de documents préparatoires, en partie réorganisés après coup par Michelet en vue d’éventuelles réutilisations. D’un point de vue matériel, leur conservation préventive au sein de la Bibliothèque par leur montage sur onglets en recueils factices, a durablement perturbé la lisibilité et l’architecture de ces fragments, organisés au départ sous forme de liasses et de chemises hiérarchisées selon un classement organique. Il s’agit donc en premier lieu de restituer le plus fidèlement possible l’architecture d’origine de ces milliers de fragments et d’annotations dont le format et plus encore le statut sont fort variables. Les liens et associations entre certains fragments dessinent en effet de véritables dossiers préparatoires, qui permettent de reconstituer les séquences narratives ou démonstratives de l’HRF. Enfin, il existe un septième volume de notes, isolées de longue date, sans doute par Michelet lui-même après 1871. Le recueil factice ainsi constitué contient la seule trace d’une documentation provenant pour l’essentiel des sections parisiennes et témoignant donc du pouvoir « sans-culotte ». En effet, à la suite de l’incendie de l’Hôtel de Ville en mai 1871, les archives de la municipalité parisienne durant la Révolution ont irrémédiablement disparu. La transcription et la mise en ligne intégrale de ce manuscrit permettront d’associer à la figure et au travail de l’écrivain ceux de l’archiviste, dédoublant ainsi les formes de transmission et de fabrication des mémoires : à travers ses propres notes de travail, Michelet n’est pas seulement un historien qui écrit la Révolution française. Il est aussi le médiateur qui contribue à l’archiver.

Les manuscrits des Notes ont été numérisés et sont accessibles sur un serveur de l’université Paris Diderot, pour l’instant réservé aux transcripteurs.

Le travail de transcription s’appuie sur l’expérience du Centre d’études stendhaliennes et romantiques (CESR) de l’université Grenoble 3 et de la MSH Alpes, et sur les outils qui ont été mis au point pour l’édition des manuscrits de Stendhal. L’application CLELIA (Corpus littéraire et linguistique assisté par des outils d’informatique avancée), développée pour la transcription en ligne des textes de Stendhal, a été adaptée au projet Michelet. « La Fabrique de la Révolution » est par ailleurs membre du Consortium Cahier.

3 .  La réédition de l’Histoire de la Révolution française

Une équipe d’historiens et de spécialistes de la littérature du xixe siècle préparent une nouvelle édition critique de cet ouvrage fondamental, qui n’en a pas connu d’autre que celle de Gérard Walter (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1952).

Participent à ce projet : Michel Biard (historien, univ. de Caen), Philippe Bourdin (historien, univ. Clermont-Ferrand 2), Jean-Claude Caron (univ. Clermont-Ferrand 2), Aude Déruelle (univ. d’Orléans), Hervé Leuwers (univ. de Lille), Florence Lotterie (univ. Paris Diderot), Paule Petitier (univ. Paris Diderot), Dominique Pety (univ. de Chambéry), Yann Potin (Archives nationales), Claude Rétat (CNRS), Jean-Marie Roulin (univ. de Saint-Étienne), Corinne Saminadayar-Perrin (univ. de Montpellier), Judith Wulf (univ. de Rennes).

Contact : paule.petitier@univ-paris-diderot.fr